Des tracts, des sites, des locaux
En termes de dépense, les tracts et autres supports classiques de communication figurent dans le haut de la liste. Des sommes tout de même très variables selon les candidats. Du petit au grand format, photoshopé, coloré, glacé... Ainsi, le dernier tract de Thierry Bonté sur le sport féminin n’a décidément rien à voir avec celui que l'on imprimera en noir et blanc, à l’ancienne, chez Lutte ouvrière. Question de moyens.
Par ailleurs, la mode est aux pamphlets customisés selon les quartiers. L’enjeu est évidemment de faire mouche auprès des électeurs, en abordant les sujets qui les préoccupent. D'où, pour certaines listes, la multiplication de tracts de campagne très ciblés.
Sans oublier les traditionnels meetings: Nathalie Arthaud, porte-parole de Lutte ouvrière, était à Amiens mercredi 12 février. Du côté de la liste Aube Nouvelle on parle d’accueillir Jean-Luc Mélenchon. Pour Yves Dupille (FN) en revanche, la campagne se jouera en petits comités sous forme de débats ouverts à tous. Quoiqu’il en soit, tous trois mentionnent des événements de petite envergure et sans coût significatif. Pas de frais de réception donc, privilège des deux mastodontes de ces municipales.
Les locaux de campagne peuvent aussi être une ligne de dépense importante. Celui de Brigitte Fouré, rue Saint-Patrice, coûte 2000 euros mensuels. Une forte somme, certes. Mais un tout petit loyer au regard des 994 m² disponibles. Un rapport prix/surface sans comparaison avec le QG de Thierry Bonté, et ses 1900 euros mensuels pour seulement 100 m². Entre ces deux extrêmes, le local de l’Aube Nouvelle pèse raisonnablement 400 euros et 50 m². «Notre local de campagne ce sera la sortie des usines», déclare quant à lui Bruno Paleni. Le FN n'aura pas de local de campagne.
Remboursés à partir de 5% des suffrages
Mais la course à la mairie se joue aussi sur la toile. A l’exception de Lutte Ouvrière et du Front National, tous les candidats disposent d’un espace en ligne d’échange avec les électeurs. En plus de son blog de conseiller municipal, Cédric Maisse parle d’un site en cours de création. Thierry Bonté mise plus que les autres sur l’internet : environ 10% de son budget, c’est la somme déboursée pour «Nation Builder», un logiciel américain utilisant les informations à disposition sur les électeurs afin de personnaliser les messages envoyés.
D’un candidat à l’autre, les dépenses et recettes sont donc très variables. Le système de remboursement forfaitaire est certainement pour beaucoup dans ces disparités de budgets. En effet, afin de se voir rembourser ses frais de campagne, une liste électorale doit réunir au moins 5% des suffrages. Le plafond est situé à 70 000 euros au premier tour pour la municipalité d’Amiens.
Une somme conséquente, qui creuse un gouffre entre les candidats assurés de pouvoir rembourser leur prêt, et ceux incapables de réunir des garanties de score suffisantes pour en contracter un. «Système efficace pour éviter les candidatures farfelues» selon Frédéric Fauvet, ou «combine entre le PS et l'UMP afin d’écarter du remboursement les partis les plus petits», pour Bruno Paleni ? Une chose est sûre, la problématique du déroulement d’une élection est au moins aussi complexe que celle de son dénouement.